Pourquoi les filles sont davantage victimes que les garçons ?

Les jeunes sont très présent-e-s sur Internet et les réseaux sociaux, mais cela n’a pas les mêmes conséquences pour les filles et pour les garçons. Les filles sont exposées à des cyberviolences spécifiques, le plus souvent en lien avec leur apparence physique ou leurs comportements sexuels (réels ou supposés) sont jugés, notés, commentés… En un mot : contrôlés.

Pourquoi les filles en particulier ?

En ligne, les règles de représentation sont souvent plus strictes et plus codifiées pour les filles que pour les garçons. On retrouve ici les rôles dits "stéréotypés" attribués aux filles et aux garçons dès l’enfance, renforcés par la téléréalité, les clips musicaux, le cinéma, les publicités qui enferment souvent les femmes dans des clichés. Si les filles ne respectent pas ces codes, elles peuvent être la cible de violences.

La mécanique sexiste des cyberviolences

  • Pour gagner en popularité, les filles sont incitées par le groupe à se mettre en scène, notamment à montrer leurs corps en ligne
  • Les images de leur corps seront davantage commentées, notées, jugées, sexualisées… et rediffusées sans leur accord : cela leur échappe, comme si leur corps et son image ne leur appartenait pas
  • Leur vie privée est davantage observée et commentée
  • Les garçons gagnent en popularité en accumulant des photos notamment de filles ; alors que les filles mettent en jeu leur « réputation » dès qu’elles s’exposent

Popularité en ligne, plus risquée pour les filles

Le cybersexisme est lié au phénomène de réputation, qui touche spécifiquement les filles. Elles sont souvent jugées sur leur comportement sexuel (réel ou non) ou sur leur physique (leur manière de s’habiller par exemple). Elles se voient attribuer une réputation (c'est à dire une étiquette péjorative et sexualisé ) si elles s’éloignent de ces codes. La réputation s’appuie aussi sur une frontière imperméable entre les «  filles bien  » («  qui se respectent  ») et les autres. En bref, les cyberviolences contribuent à contrôler la sexualité des jeunes femmes.

  Pour aller plus loin

Sexisme et racisme, la double discrimination !

Le cybersexisme peut aussi se croiser avec d’autres formes d’oppressions, et notamment le racisme  : par exemple, le terme / insulte «  beurette  » véhicule une représentation misogyne et raciste qui hypersexualise et déshumanise les femmes d'origine maghrébine. Il en est de même pour le terme insultant «  niafou  » qui cible et sexualise les femmes noires.

  Pour aller plus loin

Et pour les garçons ?

 

® Mirion Malle

Les garçons dont les attitudes ne sont pas jugées assez viriles ou qui n’affichent pas de multiples relations avec des filles peuvent aussi être la cible de cyberviolences, notamment de remarques et de harcèlement homophobe.