Des cyberviolences aussi dans le couple ?

Les outils numériques offrent les moyens d’instaurer, mais aussi de maintenir, le contrôle, la domination et donc l’emprise dans le cadre de relations de couple, mais aussi après la séparation (voire longtemps après) : on parle alors de cyberviolences conjugales.

  C'EST QUOI ?

  • Le cybercontrôle :exiger que sa partenaire soit joignable en permanence, exiger qu'elle envoie des photos confirmant exactement où et avec qui elle est, empêcher de répondre à des appels …

  • La cybersurveillance grâce aux logiciels espions pour se connecter au smartphone de son/sa partenaire (ou ex) ou avec la technologie GPS (localisation) afin de pouvoir contrôler toutes les fréquentations, tous les déplacements etc.

  • Le cyberharcèlement : envoi répété de SMS d'insultes par exemple

  • La diffusion de photos ou vidéo intimes sans consentement, mais aussi la menace et le chantage autour de la diffusion de ces images ou vidéos.

  • Cela peut aussi concerner les téléphones des enfants du couple séparé.

  UNE RECHERCHE ACTION POUR MIEUX COMPRENDRE

L’Observatoire régional des violences faites aux femmes du Centre Hubertine Auclert a mené une recherche-action inédite auprès de 302 femmes victimes de violences conjugales.

Le constat est sans appel  : 9 femmes interrogées sur 10 subissent des cyberviolences de la part de leur partenaire (ou ex).  Les résultats sont accessibles dans une synthèse et dans le rapport complet.

Les femmes victimes de violences conjugales exposées aux cyberviolences :

  • 80 % des femmes déclarent avoir reçu des insultes et injures répétées et la moitié affirme avoir reçu des menaces de mort de leur partenaire (ou ex) via le numérique

  • 7 femmes sur 10 ont déclaré qu’il leur a interdit de communiquer avec quelqu’un, la moitié déclare qu’il leur a déjà confisqué leur téléphone

  • 21 % des femmes interrogées indiquent avoir été surveillées à distance via un logiciel espion. Cette méthode de surveillance n’est cependant pas la plus utilisée  : 62 % des femmes affirment que leur partenaire (ou ex) a exigé leurs codes d’accès à leurs espaces ou outils numériques.

  • 1 femme sur 3 déclare que son partenaire (ou ex) l’a menacée de diffuser des contenus intimes, et 16 % affirme qu’il a procédé à cette diffusion. Les nombreuses fonctionnalités des smartphones permettent sur un même appareil de prendre des images et de les diffuser facilement, ce qui constitue une nouvelle menace pour les victimes.

Les cyberviolences ont les mêmes répercussions sur la santé physique et mentale et la vie sociale que les autres formes de violences conjugales. 42 % des femmes déclarent également avoir limité leur activité numérique et 7 femmes sur 10 vivent avec le sentiment d’être surveillées en permanence.

Des recommandations pour de meilleures réponses à ces violences : cette recherche-action a mobilisé 15 associations, 5 Unités Médico-Judiciaires et 2 associations d’avocat-e-s. Leur participation a permis de mettre en avant les difficultés rencontrées pour repérer et accompagner les femmes victimes de cyberviolences. Elle propose 7 recommandations concernant le repérage, l’accompagnement et le droit.


Le rapport comprend également un volet "que dit la loi" inédit.

 

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