Pourquoi c’est grave ?

« Après qu’il ait envoyé la photo [sans mon accord] au collège…(…) je ne me sentais pas bien dans ma classe, on m’insultait beaucoup. (…). J’étais anéantie …(…)  Je pleurais – pas devant les gens – mais quand je rentrais chez moi, je n’étais pas bien. (…) Un moment donné, on était tous contre moi. On venait, on me filmait avec le flash et on me disait : « Alors, Livia, ça fait des photos ? ». (…) Dans la cour. Dans les couloirs, quand je marchais, on me dévisageait. » 

Livia, élève de 4ème.

Ces actes et propos sont des violences. Même s’ils se déroulent dans un espace virtuel, leurs conséquences sont bien réelles !

Sur internet, les rumeurs sont diffusées en un seul clic à un large public : les contenus sont partagés ou repartagés, ne laissant aucun répit aux victimes. Derrière son smartphone ou son ordinateur, on ne se rend pas toujours compte de l’impact que peut avoir la publication d’un commentaire, d'une insulte ou la diffusion de contenu.

Les cyberviolences peuvent aussi concerner les relations amoureuses  : l’agresseur peut être le petit ami ou le conjoint. Le cyberviolentomètre permet de comprendre comment ces violences peuvent se développer dans les relations amoureuses ou le couple.  

Pourtant, les conséquences des cyberviolences sur les victimes sont bien réelles :

  • Des conséquences personnelles : perte d’estime de soi, sentiment d’insécurité, désespoir, idées suicidaires
  • Des conséquences sur les relations sociales  : isolement,  mise à l’écart, perte de capacité de concentration, peur de venir à l’école, au travail, etc. 


Les violences en ligne et hors ligne se rejoignent, ce qui aggrave les conséquences en ne laissant aucun répit aux victimes (24h/24). Ce qui se passe « en ligne » se prolonge  « hors ligne », ou inversement : cela commence dans la vie réelle, et se poursuit sur les réseaux sociaux ou via les outils numériques. D’après l’étude sur le cybersexisme (2016), près de la moitié des jeunes qui ont vécu du cybersexisme ont aussi vécu des formes de harcèlement sexiste ou sexuel dans la vie réelle. Dans l'étude sur les cyberviolences conjugales, 9 femmes sur 10 victimes de violences dans le couple (physiques, psychologiques, sexuelles etc) vivent aussi des cyberviolences.

Mais peu de victimes parlent des violences subies : d’après l'étude sur le cybersexisme, 1 jeune sur 4 n’avait jamais parlé des violences évoquées dans l’enquête au collège et au lycée. Pourquoi ? Par peur, par honte d’être jugé-e, par peur d’être sanctionné-e et de ne plus pouvoir utiliser son smartphone, par exemple. Quand les jeunes en parlent, c’est le plus souvent à leurs ami-e-s, plus rarement aux adultes et encore moins aux parents, qui ne n’en sont informé-e-s que lorsqu’elles prennent une forte ampleur. Face aux cyberviolences, les femmes victimes ont  tendance à minimiser et banaliser ces faits, considérant le contrôle ou la surveillance de leur partenaire comme "une preuve d'amour", car c'est souvent ce qu'il leur a dit.

Pourtant, il est important de ne pas rester seul-e   ! Des solutions existent, des numéros d’écoute peuvent répondre aux questions. Consulter la page : Besoin de soutien ?